Adieu 20(bis)
D'après Monsieur Rien, entité gazeuse qui a posté 2 ou 3 trucs sur ce même moribond blog, le passage en revue d'éléments clés de l'année écoulée en matière de japanimation est une chose plaisante. Aussi, pour ce nouveau post, je vais énoncer mon top 10 de morceaux d'anison (musique d'anime) qui m'ont rendu fou en 2010.
10 - Aoi Haru, interprété par ANGELA
Ce morceau du duo ANGELA (composé de atsuko et KATSU) habitué de l'anison, Aoi Haru (jours de jeunesse), sert d'ending à la série Seitokai Yakuindomo. Cet anime, qui suit les péripéties d'un comité lycéen composé de personnages pour le moins marginaux, reste tout de qu'il y a de plus tranche de vie, dans la lignée des Azumanga Daioh et Lucky Star. Ce morceau qui le conclut est à voir comme un pied de nez ironique des producteurs au contenu même de la série. En effet, en substance, les paroles racontent la vie très banale de quelque adolescente nippone, fantasmant ses rêves nourris de fiction télévisuelle.
D'un point de vue strictement musical, l'usage d'une gamme pentatonique, très utilisée dans la musique extrême-orientale, inscrit le morceau (et l'anime qu'il accompagne) dans un paysage typiquement japonais, cadrant avec les références faites dans ses paroles mêmes.
Chouette, punchy, mais un peu trop déjà-vu.
09 - Hatsudo !! Love Beam !, interprété par Shindo Kei
Certains crieront à l'ignominie musicale, à la daube sans nom, suintant les nappes synthétiques et les rythmes basiquement boom-boom, avec ses glockenspiels insupportables. Mais j'aime bien, alors on s'en fout. Ca doit la 3ème oreille, ou une connerie du genre. Bref, voila quoi.
Shindo Kei, l'interprète, est seiyuu de sa profession, i.e. doubleuse professionnelle. Elle double ici le personnage de Anzu, petite fille qui découvre la vie au jardin d'enfant et qui tombe amoureuse de son instituteur #JAILBAIT (cc @Pedobear). Ce Love Beam sert donc de 4ème ending à la série Hanamaru Youchien, puisque l'ending changeait à chaque épisode. Ca schlingue le sucre, c'est tout chibi kawaii, et c'est ça qu'on aime. Et je vous emmerde.
08 - My Soul, Your Beats! (Gldemo Version), interprété par LiSA
LiSA est une charmante chanteuse nippone de 23 ans, qui a interprété à peu près toutes les chansons des Girls Dead Monster dans l'anime Angel Beats !. Comme le présent morceau (qui sert de 4ème opening à l'anime) est supposé être interprété par ce groupe fictif plutôt que l'habituel personnage de Tenshi, il est normal qu'elle s'y colle.
Sans casser des briques, ce morceau est la preuve qu'on est pas obligé de coller une soft J-pop gonflante ou des rythmes sucrés surexcités pour faire un bon opening. Les riffs bien envoyés, la batterie basique mais correcte, les envolées lyriques vocales,... bref, c'est chouette, et même, c'est pas pire.
07 - Kore ga Umi he no Ai ja nai ka!, interprété par Hisako Kanemoto
Cette image song est tirée de l'anime moeblob de cette fin d'année, à savoir Shinryaku ! Ika Musume. Interprétée par Hisako Kanemoto, la seiyuu du personnage titre - Ika Musume, ou "La fille calamar", entité moe et humanoïde venue envahir la terre pour punir les humains de polluer la mer - cette chanson débilo-géniale éveille en vous des envie, pêle-mêle, de Banga, de meurtre, de danse, de drogues dures, d'arc-en-ciels et de de licornes.
Jouant sur les tics de langage de Ika Musume (à savoir le suffixe "geso" qu'elle utilise à la fin de quasiment chacune de ses phrases - "geso geso", au Japon, pays des onomatopées, c'est le "cri" des calamars) et les terminaisons en "-ika" (qui signifie "calamar, justement), ce morceau est un grand moment de lolanbar pour qui est un tant soit peu réceptif à la J-Pop saveur fraise Tagada.
06 - Pinky Jones, interprété par les Momoiro Clover
OK. L'illustration de ce morceau est légèrement borderline NSFW (alors que l'anime dont il est tiré et dont il sert de second ending, Yosuga no Sora, est CLAIREMENT NSFW). Mais on s'en fout, l'important, c'est la musique.
Donc ce Pinky Jones est interprété par le sextet d'idols Momoiro Clover. Ca vous avance, hein ? Outre un premier abord dégueulassement pop synthétique nippone, ce morceau est bien plus intéressant. D'abord, il mêle râga (mode d'expression musical indien) et gamme pentatonique dont on a vu plus haut qu'elle était la gamme privilégiée dans la musique traditionnelle japonaise, ce qui l'ancre dans un monde résolument oriental. Ensuite, comme c'est un groupe, les polyphonies sont nombreuses, et les voix pastelles de ces jouvencelles sonnent plutôt pas mal, surtout quand il y a superposition sonore (comme à 0'25 ou à 0'40). C'est joli et c'est bien que ce soit joli. Enfin, super pouvoir de la langue japonaise qui est une langue morique, la rythmique des paroles s'adapte incroyablement bien à la musique, insistant ou non sur les voyelles doubles, ce qui rend un bouzin homogène agréable à l'oreille, alors même que le sens même de rime tel que nous l'entendons chez les Français de France échappe tout à fait à ces mangeurs de poisson cru.
En bonus track, voici le clip officiel légèrement WTF du même morceau (appréciez les tenues des chanteuses) :
05 - Someone Else, interprété par Asumi Kana, Fujita Saki et Kitamura Eri
Plein de couleurs et de positive attitude dans ce numéro 5 du classement. Someone Else sert d'opening à l'anime Working!!. Comme bien souvent, ce sont des seiyuus qui l'interprète, en l'occurrence Asumi Kana, Fujita Saki et Kitamura Eri. Pas grand chose d'autre à dire, sinon que c'est frais, que les rythmes ska collent bien à ce tranche de vie sans grande prétention et qui remplit son rôle à la perfection (i.e. un divertissement de qualité), et que Poplar-chan est décidément trop kawaii.
04 - Listen !!, interprété par Hookago Tea Time
Du bon rock aux consonances surf music 60's (orgue Hammond oblige), c'est ce qu'est ce Listen!! qui sert de premier ending de K-ON!!. Interprété par le groupe fictif (mais tellement réel...) Hokago Tea Time, il résume bien l'essence de la série : rythme prenant mais posé, paroles simples mais c'est ça qu'est bon, et esprit de groupe. Le J-Rock à son meilleur.
03 - Venus to Jesus, interprété par Yakushimaru Etsuko
Un peu de Shibuya kei, ça fait pas mal aux seins. Ce Venus to Jesus, interprété par Yakushimaru Etsuko, sert d'opening à la première saison de Arakawa under the Bridge, romance baroque et loufoque aux couleurs douces et légères.
La voix très suave de Yakushimaru colle parfaitement au ton très particulier de l'anime. Mais en même temps, après tout, quoi de plus normal que du Shibuya kei (littéralement, "musique de Shibuya", fameux quartier tokyoïte) soit utilisé pour illustrer une action se déroulant près de la rivière Arakawa (rivière tout aussi tokyoïte).
02 - Uragiri no Yuuyake, interprété par THEATRE BROOK
Encore du wok'n'woll. Uragiri no Yuuyake est le premier opening du superbe anime Durarara!!. C'est le groupe THEATRE BROOK, connu pour son rock aux basses lourdes fortement influencées par le rock US 70's.
Encore une fois, pour cette nouvelle collaboration entre Narita et Omori - ils s'étaient rencontrés alors que le second adaptait Baccano!, oeuvre originale du premier, en animé - la musique est très bien choisie. Le jazz fou des Etats-Unis entre-deux guerres de la première série laisse ici place à des sons beaucoup plus urbains et contemporains, pour coller à l'ambiance sombre d'un Tokyo interlope. Plus surprenant, la BGM globale de l'anime frôle régulièrement avec la musique éthiopienne ou free jazz, peut-être pour souligner le fait que le coeur de Tokyo est de plus en plus cosmopolite, chose que les non-Japonais savent peu.
Le rythme du morceau, les voix teintées de sombre, la guitare héroïque, sont autant d'éléments qui permettent au spectateur de se plonger un peu plus dans l'intrigue en clair-obscur que le duo magique Narita/Omori construit. Bizarrement, j'aime moins la version gabber :
01 - God only knows, interprété par ELISA
Et le voici, le morceau d'anison que j'ai préféré cette année. Peut-être parce qu'il me rappelle l'intro de Higashi no Eden que j'ai adoré. Peut-être parce le morceau original est tout en ruptures et reprises, évoluant tant dans le rythme que dans le ton et la hauteur. Peut-être parce que la simili-musique classique, même simili, ben dans l'animation, ça fait du bien.
Bref, ce God only knows sert d'opening à la série Kami Nomi zo Shiru Sekai. Officiellement, il est interprété par l'obscur Oratorio the World God only Knows. Officieusement, on sait qu'il s'agit de la chanteuse ELISA, qui arrondie ses fins de mois de chanteuse (habituée des tie-up = ses morceaux sont souvent utilisés à des fins promotionnelles) en tant que top modèle.
Le morceau en lui même dure plus de 8 minutes (cf. plus bas). Intro synthétique digne de la voix vocodée qu'on imagine que Maria (l'androïde de Metropolis) pourrait avoir, des choeurs quasiment religieux, une émulation électronique, des polyphonies,... Ca commence, ça ralentit, ça s'accélère, ça redémarre... C'est formidable ! Le morceau surprend l'auditeur et ne le laisse pas dans la routine. Et c'est ça qu'est bon, et c'est ça qu'est bien.
Voila pour mon bilan anison de 2010. Pas de hip-hop (de toute manière, ce genre dans l'animation donne généralement quelque chose d'assez ridicule - Samurai Champloo faisant office d'exception confirmant la règle), pas de 8Bit non plus, pas de jazz, pas de rock brutal... Si ces genres ont existé en anison cette année, ils n'ont pas retenu mon attention. Etrangement, les J-Pop et J-Rock, pourtant légèrement formatés, m'ont plus captivés que le reste. Ce qui est bien, signe qu'un nazi musical comme moi puisse s'ouvrir, voire être sensible à des musiques vers lesquelles je ne serais pas spécialement allé de prime abord. Ce qui est un peu triste aussi, symbolisant le manque de prise de risque des producteurs/réalisateurs d'anime. Watanabe Shinichiro, réveille-toi !































